Avoir une relation "sincère" dans les milieux que je fréquente, c'est comme imaginer la situation improbable suivante :
Vous êtes paisiblement échoué dans le fauteuil-pile-au-milieu-de-la-rangée-et-pile-au-milieu-de-la-salle. En clair, vous êtes juste au top du top et le reste de la salle vous envie... On ne mentionnera pas toutes les fois où vous étiez au bout de la rangée sur le coin gauche ou pire au premier rang à vous faire mal au cou !
Vous regardez le film, et soudain, l'héroïne (oui je suis lesbienne et addict à la drogue, je fais ce que je veux sur mon blog !) sort de l'écran, traverse la foule extatique, et se jette sur vous, en vous jurant un amour éternel.
En extrapolant, la situation pourrait exister dans un petit théâtre de quartier, sur un coup de bol. Un gros coup de bol !
Bienvenue dans mon monde.
D'office, on dégage l'amour éternel, non pas pour son manque de crédibilité, mais pour son manque d'assiduité. Personnellement, je me contrefous d'être aimée si je l'ignore ou si la vie a décidé que je n'en profiterai pas. A la hauteur de l'affection que je continue de porter à des gens qui sont sortis de ma vie, l'affection que l'on me porte dans l'ombre n'existe pas vraiment. Ok, c'est beau, ca fait vendre du bouquin dans les relais H, mais ca touche vite à ses limites... Si j'avais l'âme d'un Arlequin, ca se saurait !
Au milieu des sourires de pacotille, des émotions nocturnes, parfois, il y a des surprises. De bonnes surprises. Mais je ne vous vendrai pas du rêve pour vous attirer dans les soirées. Comme sur les sites de rencontres, c'est 20 conversations insipides pour une qui attire l'attention. Personnellement, j'ai beaucoup plus de patience en pyjama sur mon canapé qu'en cuir/latex/vinyle dans un club. Et encore, j'ai la chance d'être une femme, connue de surcroît, qui ne paye que très rarement les entrées. Si je devais payer pour me faire chier, croyez moi, quitte à me pourrir une soirée, on retrouverait probablement mon squelette devant Joséphine, l'ange expert du gardiennage.
Si la rencontre est presque mon métier, je n'échappe pas à la décrépitude neuronale. Je dirai même que je suis d'autant plus exposée que je pratique la sympathie comme un sport olympique. et je subis mon masochisme à plein régime. Endurer certaines conversations revient souvent à me taillader le bras et mettre régulièrement du jus de citron sur la plaie. Je sais que ca fait mal mais je continue, avec l'espoir quasi ridicule, qu'un jour, il y aura un éclair de génie au milieu de l'obscurité !
Et après, yen a encore qui ose prétendre que je ne suis pas patiente !
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