Ma GRANDE spécialité (et je vous assure, il faut une majuscule) c'est indéniablement la demie mesure. Je maitrise mieux que quiconque les dégradés de gris et je sais formidablement bien m'adapter...
Je vous assure, j'ai repassé cette phrase une dizaine de fois en me disant "nan mais quand même il y a bien un fond de vrai nan ?" et outre un rictus d'ironie, rien ne m'est venu. (Et ça m'étonnerait que mes proches aient eu autre chose qu'un fou rire en lisant ma première phrase)
Je suis monomaniaque mais sinon, ca va bien ;-) Si si si ! SI !!
Il y a eu La. irremplaçable dans le rêve et l'utopie, qui continue au travers de notre amitié de me réconcilier avec la magie de l'espoir. Un peu comme Sangoku sur son nuage magique, elle imagine un monde fait pour elle, qu'elle réussit à intégrer à cette foutue réalité. Chaque fois que je la vois, son bonheur, simple, me rappelle que l'on peut se contenter de peu... Ce qui nous a séparé amoureusement me fait l'aimer si fort aujourd'hui, amicalement parlant... Elle a cette innocence que j'ai paumé quelque part, je ne sais où...
Il y a eu An, irremplaçable dans le concret et l'adaptation. C'est probablement d'elle que j'ai le plus appris, et ce, dans la souffrance. Rien ne la déborde, rien ne l'arrête, elle a des solutions à tout. Elle était d'un coté la femme fragile que j'aimais et cette femme incroyablement blindée qui survivait dans la destruction. Pour la garder, j'ai appris à me dédoubler et j'en ai tiré de nombreuses leçons. De là provient surement ma capacité actuelle à être plurielle. J'ai mis longtemps à me relever et c'est bien des années après, en la retrouvant, que j'ai réalisé qu'un choix, qu'une direction, n'apportera pas forcément le bonheur. Nous avons toutes les deux été au bout de nos aspirations, aspirations qui nous ont séparé. Ni l'une ni l'autre n'a trouvé la sérénité qu'elle espérait. Soit nous sommes très exigeantes (ce qui est possible), soit le bonheur ne se met pas en boite, et ça me semble de plus en plus évident. Entre elle et moi doit exister un "juste milieu" que nous devons découvrir...
Il y a eu De. irremplaçable dans le désir et "l'évidence d'un lien". Toucher sa peau pour que le reste du monde cesse d'exister, pour être connectée à l'Univers. J'ai découvert le besoin de l'autre, l'appel d'une moitié de soi qui coure sous la peau. J'ai aussi appris le manque qui ravage l'âme, le mal qui ronge les tripes jusqu'au seuil de la folie. J'ai appréhendé l'alchimie, inexplicable, qui peut exister entre deux êtres qui n'ont rien à faire ensemble, qui s'auto-détruisent dans un amour (une passion? ) qui n'est probablement pas terrestre. Et, parce que c'était Elle, j'ai aussi appris le mensonge, le doute, la trahison, la peur de Demain, le partage non désiré et la colère. Jamais, avant Elle, je n'avais vécu la colère, la vraie, celle qui se vit au travers de l'injustice et de l'impuissance. En apprenant à maitriser cette émotion, j'ai appris à me connaitre... J'ai grandi assurément. Moi dont le handicap majeur est "Ressentir" dans les grandes largeurs, j'ai combattu avec les honneurs ! Et je ne suis même pas morte (et c'est pourtant pas passé loin :D ). Il m'aura fallu du temps mais je n'ai plus peur, ni d'être seule, ni d'être "touchée"... Reste plus qu'à trouver un équilibre.
Il y a eu Do. Je ne pensais pas un jour parler d'Elle au passé. Je ne sais même pas comment tourner mes phrases tellement ca me semble improbable, incompréhensible. Elle est la seule à m'avoir prouvé son amour, elle est la seule à avoir tout enduré pour me garder dans sa vie, malgré mes absences, mes ratés. Elle a réussi à obtenir de moi plus que de l'amour, elle a obtenu ma confiance, que personne n'avait effleuré du doigt jusqu'alors. Je reste convaincue que si je n'avais pas confirmé mon attachement, elle serait encore là, comme si lui donner ce qu'elle attendait finissait sa quête, terminait un cycle. Je lui ai offert mon monde, dans son intégralité, mon vrai Moi et mon personnage social. Je l'ai emmené partout, pour que nous partagions Ensemble cet univers qui fait mon quotidien et auquel elle aspirait. Offrir plusieurs années de labeur social et amical.... L'offrir à quelqu'un qui, pour moi, le méritait vraiment, sans rien demander en échange sinon cette complicité que nous avions déjà. C'était le plus beau cadeau que je pouvais faire, à la hauteur de ma petite personne. Il faut vivre avec l'idée que parfois, en donnant, on perd. Je me souviens, elle m'avait dit "Si tu tiens six mois, je t'offre ce que tu veux". J'avais fait de nombreuses blagues sur le sujet. Croyez moi, je n'imaginais pas que ce qu'elle m'offrirait, ce serait son absence, une belle dépression et une dégringolade de mes illusions. Si j'avais su, j'aurai repris la drogue. Etre clean dans ces conditions, c'pas la fête à la maison ! Enfin, ce qui est fait est fait et je me suis adaptée.
Tout ça pour dire que chaque femme passée dans ma vie a répondu à une part de moi, part qui devait surement se développer à l'instant T ... Mais je n'ai pas encore connu une relation qui regroupe les qualités de chacune de mes ex (amours, amitiés)... En somme, il faudrait que je les attrape, les découpe et fabrique ma femme idéale à partir d'elles... Autant dire, vu mes talents de couturière, que c'est mal barré.
Mais avec du recul (et vu le temps que je passe à prendre du recul, je regarde ma vie depuis l'Everest), je sais que tout ce que j'ai vécu, bon ou mauvais, est enrichissant (même si mon compte en banque continue d'agoniser, j't'en foutrai de la richesse intérieure moi !! ) et je suis une personne "meilleure" ... J'arrive même, en me basant sur le discours de mes ex, à penser que je leur ai apporté, à toutes, quelque chose (ce qui expliquerait d'ailleurs pourquoi elles finissent toutes par redébarquer dans ma vie par surprise pour "récupérer" le bidule dont je n'avais même pas conscience et qui les rendait heureuse - Je ne cherche même plus à comprendre! ) mais, éternelle insatisfaite que je suis, rien ne saurait me réconcilier avec... avec... avec quoi d'ailleurs ? Avec la facilité peut-être ? Avec moi-même ? Et puis finalement, pour se réconcilier, il faudrait s'être fachée, et je ne suis fachée avec rien ni personne (ou presque) alors advienne que pourrira ! (nan il n'y a pas de faute de frappe)
J'apprends à vivre seule. J'apprends la solitude au milieu de la multitude. Je maitrise les codes, je sais désormais que je peux m'adapter partout et que les gens m'aiment pour ce que je suis. Je n'ai plus peur des autres, même s'ils peuvent, parfois, me faire souffrir.
Demain, je n'aurai plus peur de moi-même. Devenir ce que je suis, vaille que coute.

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